IV. Sansan et le Muséum

La découverte de l’Archéobélodon,
retour sur deux siècles de questionnement et de montage

 Printemps 1851 
Découverte par Laurillard et son équipe de nombreux fossiles d’animaux de grandes tailles, de Mastodontes

  Juin 1851 
Découverte d’une tête osseuse bien conservée. Lartet et Laurillard observent et identifient les découvertes. Ils tentent de comprendre à quoi ressemblait le Mastodonte en comparant les pièces de Sansan avec d’autres retrouvées dans la région notamment à Simorre et Villefranche d’Astarac. En étudiant l’email présent sur les défenses, Laurillard élabore la théorie que les défenses étaient orientées vers le bas, à l’inverse des éléphants.

 1852 
Nouvellecampagne de fouilles, Laurillard pense avoir suffisamment de fossiles pour pouvoir tenter de reconstituer un squelette. Sansan et Laurillard offre ainsi une occasion exceptionnelle au Muséum : celle d’exposer un gros animal aujourd’hui disparu, à une époque où les dinosaures sont très peu connus et où un seul Mastodonte a été reconstitué et exposé aux États Unis.

 Septembre 1852 
Début du travail de reconstitution

 Septembre 1853 
Exposition dans la Galerie d’Anatomie Comparée, le squelette est encore incomplet.

 1885 
Le Mastodonte de Sansan tel qu’il était exposé en 1885, la thèse de Laurillard selon laquelle les défenses seraient tournée vers le bas n’a pas été retenue.

 1887 – 1888 
Découverte de 2 crânes de Mastodontes sur la Commune de Tournan dans le Gers, un de ses cranes présente les défenses courbées vers le bas. La théorie de Laurillard était donc juste.

 1982 
Le patronyme Archéobélodon Filholi est attribué au Mastodonte de Sansan.

L’Archéobélodon Filholi exposé dans la galerie de Paléontologie et d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle.

Il est le fruit de prés de 200 ans de recherches, de tâtonnements, de questionnements et même d’erreur de la part de nombreux scientifiques.

Ce squelette présente 34 voire 41 os provenant du même individu, et 46 os provenant de 25 autres individus pouvant même être d’une autre espèce. On trouve même dans le pied droit de ce spécimen un os provenant du pied gauche d’un Anisodon.

Ces erreurs largement excusables au XIX° siècle ne peuvent cependant pas être corrigées. En effet la charpente métallique utilisée pour soutenir le squelette ne peut être démontée sans endommager les ossements.

Source : Le secret de l’Archéobélodon, A Mille, J.G MICHARD, P TASSY, éditions Belin MNHN

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Découvrir la Galerie de Paléontologie et d’Anatomie comparée du Muséum …

Charles LAURILLARD – (1783-1853)

Montbéliardais de naissance, fils d’un maître d’école, orphelin de bonne heure, le jeune Charles présente très tôt des dons pour le dessin.

Après des études au collège de sa ville natale, il donne des cours particuliers de dessin puis se rend à Paris en 1803 pour travailler dans l’atelier d’un peintre académique. Vivant chichement, il retrouve au Muséum d’Histoire Naturelle le frère du naturaliste Georges Cuvier.

Ce dernier recrute Laurillard qui, durant plus de trente années, le sert fidèlement comme dessinateur, secrétaire particulier et homme de confiance.

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L’archéobélodon au centre d’une émission sur France Culture le 08/10/2015

Le Paléosite de Sansan est la propriété du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris.
Ouvert à la visite en 2018 par la Communauté de Communes Val de Gers, le sentier paléontologique
a été conçu avec le soutien de scientifiques du MNHN de Paris et de Toulouse.
Ce projet a bénéficié du financement de l’Europe, de l’État et du Conseil Départemental du Gers.
Les fouilles sur le site sont actuellement arrêtées.

Pour tout renseignement : Office de Tourisme Val de Gers au 05.62.66.12.22